325SCT
Programme
Étude urbaine, Projet urbain
Lieu
Bruxelles
Date
2018 - 2027
Thématiques
Urbain, Marché public
Phase
En cours
Surfaces
30 000 m²
Equipe
Agence TER, Arcadis
Client
Bruxelles Mobilité
Budget
10 000 000 €
Réaménagement et requalification de la place, des ponts et du square Sainctelette, ainsi que de la place de l’Yser
Une boussole des grands paysages métropolitains
Sainctelette est situé au croisement de deux grandes structures territoriales de Bruxelles : l’axe du canal et l’axe Léopold II. Cette position lui confère une situation exceptionnelle pour appréhender la véritable échelle des paysages métropolitains. Depuis le site, les grandes perspectives de la ville se déploient vers le canal sud, au paysage plus étroit, vers le canal nord et le port de mer, largement ouverts, mais aussi vers la basilique de Koekelberg, Rogier et le Botanique. Sainctelette se trouve au cœur de la vallée de la Senne, entre la « ville haute » à l’est, qui s’étend du Mont des Arts à la Forêt de Soignes, et la « ville basse » à l’ouest, formée par les vallées de la Senne et ses cours d’eau secondaires. Le site offre ainsi une lecture privilégiée de la profondeur de cette vallée, du canal jusqu’à la Petite Senne aujourd’hui enterrée.
La vallée de la Senne a été traversée, au fil du temps, par de nombreux cours d’eau, canaux et infrastructures. Les cartes historiques montrent l’évolution progressive du territoire, depuis un lieu extramuros situé au bord de la Senne jusqu’à l’installation du canal, des quais et des premières voies ferrées. Ces transformations ont favorisé l’industrialisation aux portes de la ville et la constitution d’une véritable « ville productive » autour de Sainctelette. La construction de l’axe Léopold II et la modification du tracé du canal ont ensuite renforcé le rôle du site comme carrefour urbain, au contact de tissus et de quartiers très diversifiés. Aujourd’hui, la disparition progressive des activités industrielles ouvre une nouvelle période de développement autour du canal, avec l’implantation de logements, d’équipements, d’espaces verts et de nouveaux espaces publics. Sainctelette devient ainsi une boussole métropolitaine : un lieu d’orientation et de repérage, où les perspectives donnent à lire la cohérence du territoire bruxellois.

Un carrefour entre les quartiers et les temporalités de Bruxelles
À l’échelle du quartier, Sainctelette se trouve au point de rencontre de plusieurs formations urbaines et de plusieurs continuités d’espaces publics. Le site articule la ville historique, les nouveaux quartiers du canal et la commune de Molenbeek, tout en reliant des espaces aux identités très différentes. Depuis le centre-ville, les promenades plantées et les anciens docks se prolongent vers la place de l’Yser. Au nord, le parc Maximilien vient rejoindre cet ensemble et fait face aux mails plantés du centre historique. Les quais du canal et le parc du Quai des Matériaux mettent Sainctelette en relation avec les grands espaces du canal, comme Tour & Taxis et le bassin Vergote. L’axe Léopold II constitue quant à lui une colonne vertébrale entre la ville historique et la ville productive, en reliant le parc Elisabeth, Rogier et le Botanique.
Cette convergence d’espaces publics s’accompagne d’une forte accessibilité métropolitaine. Le métro, le tram, les bus, le waterbus, les itinéraires cyclables et la proximité de la Gare du Nord inscrivent Sainctelette dans un réseau de mobilités diversifié, à la fois local, régional et national. Pourtant, l’espace actuel reste marqué par la fragmentation et la domination de l’infrastructure. Les différentes rives, les quartiers et les modes de déplacement sont encore insuffisamment reliés. Le réaménagement doit donc assurer une continuité et une fluidité nouvelles entre ces éléments, faciliter le passage d’un quartier à l’autre et rendre plus lisible la transition entre les différents modes de transport. Dans le contexte de la stratégie de redéveloppement urbain du canal, Sainctelette constitue ainsi l’un des espaces clés de cette nouvelle centralité bruxelloise.

De l’infrastructure à la place : la place-pont
Le projet transforme Sainctelette en une véritable place-pont, un espace public qui franchit le canal et rapproche ses deux berges. Le franchissement n’est plus seulement une infrastructure de circulation : il devient un lieu, une place et un espace partagé. La place-pont associe les fragments urbains qui se sont éloignés au fil du temps et repositionne Sainctelette comme un espace à cheval sur le canal, réunissant les deux versants de la vallée de la Senne et les deux communes. Elle affirme le canal comme un lien entre l’est et l’ouest de la ville, et non plus comme une barrière.
Le projet repense l’espace du boulevard, améliore la qualité des ponts et étire l’espace public jusqu’aux façades. Les architectures qui entourent Sainctelette, parfois emblématiques, participent à tenir l’espace et à « faire place ». Deux grandes promenades paysagères, associant paysage, composition urbaine et mobilités douces, structurent cette nouvelle place. Au sud, la promenade prolonge les parcours plantés du centre-ville historique et relie les espaces publics situés autour de l’axe Léopold II. Au nord, elle accompagne la « ville productive » et le bassin Béco, tout en mettant en valeur le grand paysage du canal et du port. Elle donne accès au parc du Quai des Matériaux, au quai des péniches, au Kaai Theater, au musée Kanal et au parc Maximilien.
La place-pont réunit également, par l’espace et par les perspectives, plusieurs morceaux et plusieurs époques de Bruxelles. Les vues vers le canal, le port, la basilique de Koekelberg, Rogier et le Botanique construisent de nouveaux liens visuels entre les figures architecturales et les quartiers auxquels elles appartiennent. Ces repères participent à la formation d’une carte mentale de la ville et rendent lisible l’espace qui les rassemble. Sainctelette devient ainsi un lieu de convergence entre paysage, espace public et mobilité : une nouvelle centralité pour la ville et pour les quartiers qui l’entourent.















